Les « taxis sisters », la nouvelle attraction des Dakarois

 

jc-2.jpgUne dizaine de femmes au volant de taxis circulent depuis quelques semaines dans les rues de Dakar. On les appelle « taxis sisters ». C’est un projet initié par le gouvernement sénégalais pour lutter contre le sous emploi.

« J’ai toujours aimé conduire un taxi, j’en rêvais enfant, mais je n’osais pas tellement le dire, car c’est un métier que l’on dit réservé aux hommes », a avoué à spheremetisse, Mama Sakho, une des bénéficiaires du projet.

Esthéticienne de métier, Mama fait partie des dix premières jeunes filles sénégalaises sélectionnées pour être au volant des premiers « taxis sisters ».

« Au fond, chauffeur de taxi, c’est un travail comme les autres, ce n’est pas un métier pour homme, c’est une question de mentalité », ajoute- t- elle, affirmant « que les gens doivent plutôt positiver, changer de mentalité et se dire qu’il est bien d’avoir des femmes chauffeurs de taxi. Les femmes vont apporter leur touche dans ce métier et cela va changer le décor de Dakar ».

Célibataire, sans enfants, Mama Sakho démarre comme tous les taxis sisters à 7h (GMT) du matin pour s’arrêter à 20h (GMT). En bon musulman, elle prend soin d’effectuer la prière matinale. Le petit déjeuner s’en suit, et la voilà au volant.

Très sollicitées depuis son lancement, les taxis sisters ne passent pas inaperçus. Ces dames sont l’attraction de tout Dakar. Les plus nantis les préfèrent, car le tarif n’est pas à la bouse de tout le monde. Il est de 2000 f CFA (3,05 euros) et plus, selon la distance parcourue.

Et d’habitude, ce sont les hommes qui s’en raffolent. « La plupart de nos clients sont des hommes. C’est normal puisque tous les hommes aiment la compagnie des femmes. D’autres sont mêmes abonnés chez nous. Nous serons critiquées, mais il nous appartient de prouver que nous ne faisons pas un métier uniquement réservé aux hommes, nous devons donc réussir. Nous devrions être sérieuses, même si c’est un métier de contact », a-t-elle précisé.

En ce qui concerne d’éventuels risques dont elle pourrait encourir dans l’exercice de son nouveau métier, le nouveau « taxi sister » est plutôt sereine.

« Tout est possible mais qu’il ne faut pas trop insister sur les risques d’agressions, parce que je pourrais en dire autant pour les femmes qui travaillent dans d’autres domaines », a dit Mama; et d’ajouter : « La plupart d’entre elles sont des pratiquantes des arts martiaux ; donc pas de soucis pour notre sécurité ».

Interrogée sur les chances de réussite du projet « taxis sisters », la jeune dame affiche son optimisme.

« On nous demande un versement de six mille francs CFA par jour, ça fait 180 000 francs le mois, 2 160 000 FCFA l’année. C’est un objectif à atteindre et après cinq ans, le véhicule est à nous. C’est possible », confie-t-elle.

Loin d’être les concurrents des chauffeurs de taxis, la nouvelle « taxi sisters » invite les « taximen » à plus de compréhension à leur égard. Pour commencer, les taxis sisters officient à partir des parkings d’hôtels.

Expérimenté pour la première fois au Sénégal, ce projet concerne dix femmes sélectionnées sur un total de cinquante jeunes filles, à la suite « d’âpres auditions et séances de travail », selon la responsable du projet, Mme Aissatou Seye.

 

 

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